Malte : Plus que deux semaines avant la légalisation du cannabis
Le parlement de la petite nation insulaire de la Méditerranée a programmé la troisième et dernière lecture du projet de loi qui rendra le cannabis légal. Cela signifie que dans deux semaines, les habitants de l’île, environ un demi-million de personnes majeures, auront le droit de cultiver leur propre herbe, de la consommer dans l’intimité de leur domicile, et même de posséder une petite quantité en public.
La vente de la substance restera interdite, mais ceux qui n’ont pas la main verte pourront tout de même obtenir légalement leur "drogue de prédilection" auprès d’autrui. À cet effet, les autorités vont autoriser des associations cannabiques du type de celles qui existent actuellement en Espagne.
La discrétion avant tout
Selon le projet de loi, les adultes à Malte pourront cultiver jusqu’à quatre plants de cannabis à leur domicile et conserver la récolte mais sans dépasser 50 grammes (1,76 once) de fleurs séchées. Pour sortir hors de chez soi avec une partie de cette quantité, la loi sera bien plus stricte : maximum 7 grammes à la fois.
Et fumer du cannabis en public sera toujours considéré comme une infraction passible d’une lourde amende de 300 €. Les patients médicaux seront exemptés de cette règle, et uniquement si l'utilisation de leur médicament en public s’avère une nécessité thérapeutique.
Strictement encadré et sans but lucratif
Ce qui distingue le projet de loi maltais de nombreuses mesures similaires adoptées ailleurs, c’est l’introduction d’un modèle permettant d’obtenir légalement du cannabis auprès de sources extérieures. Il sera semblable aux clubs sociaux de cannabis qui opèrent — dans une certaine zone grise — en Espagne et dans d'autres pays européens.

L’idée du modèle de club social est que les consommateurs de cannabis forment des associations où une partie des membres cultive de l’herbe au bénéfice de tous. Il sera possible pour les membres d’obtenir jusqu’à 7 grammes de fleurs par jour, avec toutefois un plafond mensuel de 50 g.
Si l’exemple espagnol nous a appris quelque chose, c’est que les clubs sociaux se transforment vite en coffee shops lucratifs, accueillant parfois des milliers de "membres". Cependant, les autorités maltaises semblent bien décidées à réguler strictement ces clubs. Un organisme de régulation spécialement créé veillera à leur enregistrement et centralisera les rapports que les clubs devront déposer tous les trois mois. De plus, la police et la justice garantiront la légalité de leur fonctionnement quotidien.
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