Rempotage du cannabis : Le guide ultime
- 1. Pourquoi rempoter le cannabis ?
- 2. Quand faut-il rempoter ?
- 2. a. Combien de temps attendre entre deux rempotages ?
- 2. b. Quelle taille de pot choisir au rempotage ?
- 2. c. Peut-on transplanter en floraison ?
- 3. Rempoter une plante de cannabis étape par étape
- 3. a. Étape 1. arroser à l’avance
- 3. b. Étape 2. préparer le nouveau pot
- 3. c. Étape 3. préparer le trou
- 3. d. Étape 5 (optionnel). dégager les racines d'une plante « rootbound »
- 3. e. Étape 6. mettre la plante en place
- 3. f. Étape 7. créer des conditions favorables à la reprise
- 4. Choc de transplantation : à quoi ça ressemble et comment l’éviter ?
- 5. Quel moment de la journée choisir pour rempoter
- 6. Engrais et rempotage du cannabis
- 7. Astuces pour un rempotage sans stress
- 8. Du passage de l’intérieur à l’extérieur
- 9. Rempotage des autofloraisons
- 10. Rempotage des pieds-mères
- 11. Conclusion
Il est tout à fait possible de cultiver une plante de cannabis de la graine à la récolte sans jamais avoir à la transplanter, mais parfois, le rempotage devient une opération fortement souhaitable, voire incontournable. Il est donc préférable de bien s’y préparer et d’apprendre tout ce qu’il faut savoir sur le rempotage du cannabis.
Pourquoi rempoter le cannabis ?
La principale raison est évidente – offrir plus d’espace aux racines afin d’obtenir une plante plus grande et une récolte plus abondante.
Vous vous demandez peut-être pourquoi ne pas choisir directement un grand pot ? Beaucoup de cultivateurs font ainsi, surtout avec les autofloraisons. C’est une technique parfaitement valable. Cependant, commencer vos semis dans des petits pots et les transplanter ensuite dans de plus grands présente aussi des avantages :
- gagner de la place en début de cycle,
- démarrer de nombreux semis, sélectionner les plus forts et éliminer les autres,
- ne pas gaspiller de ressources sur les plantes tant que leur sexe n’est pas identifié,
- profiter d’un arrosage plus facile et plus fréquent dans les petits pots.
Il y a aussi des situations où le rempotage est inévitable, par exemple si vous prévoyez de cultiver en extérieur mais vos graines sont démarrées en intérieur. Enfin (et c’est plus rare), il faut changer le pot si la terre est polluée par des engrais ou infestée de parasites.
Quand faut-il rempoter ?
En fait, la plante bénéficiera d’un rempotage lorsque ses racines auront colonisé tout le substrat disponible. Généralement, cela ne se voit pas, mais il y a des signes indirects qui ne trompent pas. Le plus évident : lorsque les feuilles dépassent largement les bords du pot, il y a de fortes chances pour que les racines aussi soient à l’étroit.

En tardant trop à transplanter à ce moment, la croissance peut ralentir, voire s’arrêter. Ne laissez pas la situation empirer : transplantez dès que la plante a clairement dépassé la taille de son pot.
Parfois, il vous faudra rempoter plus tôt. Mais comment savoir si une plante est assez forte pour supporter la transplantation sans dégâts ? Assurez-vous que le plant mesure au moins 5 cm et qu’il possède deux paires de vraies feuilles. Évitez aussi de manipuler des plantes chétives ou ralenties car le rempotage ajoutera du stress inutile.
Combien de temps attendre entre deux rempotages ?
Il n’existe pas de règle universelle. Au lieu de suivre un calendrier précis, surveillez la croissance de vos plantes et transvasez-les lorsqu’elles semblent à l’étroit dans leur pot. Évidemment, tout dépend de la taille des pots et de la vigueur de la plante.
Quelle taille de pot choisir au rempotage ?
Choisir la bonne taille de pot relève d’un vrai savoir-faire et dépend de plusieurs facteurs : autofloraison ou variété photopériodique, utilisation ou non de la SOG, de la ScrOG, ou aucune des deux, mais aussi de la taille de plante souhaitée à la récolte. Vous devrez faire plusieurs essais pour trouver ce qui vous convient le mieux, mais voici, à titre indicatif, quelques exemples dans le tableau ci-dessous :
| Semis | Premier Rempotage | Deuxième Rempotage |
|---|---|---|
| Système impérial | ||
| Gobelet solo (9-18 oz) | 1 gallon | 3-7 gallons |
| Pot 3,5 pouces | 1 gallon | 3 gallons |
| Gobelet solo | 5 gallons | - |
| 32 oz | 5 gallons | - |
| Système métrique | ||
| 0,2-0,4 L | 2-3,5 L | 6-11 L |
| 0,5 L | 3,5 L | 7-18 L |
| 0,5 L | 1,5 L | 3,5 L (SOG) |
| 1,5 L | 3,5 L | 10-20 L (ScrOG) |
Les statistiques montrent que pour les autofloraisons, les contenants finaux de 11-12 litres (3‑3,5 gallons) sont les plus couramment utilisés, suivis des 18 et 15 litres (4,75 et 4 gallons). Il n’y a pas de relation linéaire entre la taille du pot et le rendement, alors, pour maximiser la récolte, choisissez entre 11 et 18 litres (3 à 4,75 gallons) et ajustez le reste selon vos compétences de culture.
Peut-on transplanter en floraison ?
Oui, c’est possible si c’est vraiment nécessaire, mais il faut une bonne raison, car donner plus d’espace aux racines dans l’espoir d’augmenter le rendement n’est pas valide à ce stade. Les racines poussent très peu durant la floraison, donc la terre supplémentaire risque de ne pas être exploitée.

Soyez donc vigilant : le rempotage concerne uniquement la phase végétative, et le dernier transfert doit être fait au moins une ou deux semaines avant la floraison. Voilà ce qui complique le rempotage des autofloraisons (qui ont une période de croissance très courte), mais nous y reviendrons plus loin.
Rempoter une plante de cannabis étape par étape
Ok, admettons que vous avez une bonne raison de rempoter et que vous avez choisi le bon moment. Que faire ensuite ?
Étape 1. Arroser à l’avance
L’arrosage est un point clé ici. N’oubliez jamais que le rempotage est potentiellement stressant : votre but est donc de rendre votre plante aussi vigoureuse que possible. Notamment, votre cannabis doit être bien hydraté : arrosez-le un ou deux jours avant la transplantation.
Si le substrat autour des racines est humide (mais pas détrempé), tout se passera mieux lors du transfert. Une terre trop mouillée est lourde et risque de casser ou d’arracher des morceaux de racines, tandis qu’un substrat trop sec s’effritera facilement, ce qui peut aussi abîmer les racines.
Étape 2. Préparer le nouveau pot
Prenez un pot plus grand, remplissez-le de substrat en tenant compte du volume de l’ancien pot, arrosez légèrement pour que le milieu soit humide mais non détrempé, et laissez reposer un ou deux jours. En culture organique, il est conseillé de préparer le substrat quelques semaines à l’avance en l’inoculant de microbes bénéfiques.
Étape 3. Préparer le trou
La façon la plus simple de réaliser un trou à la bonne taille est de placer l’ancien pot dedans et vérifier l’ajustement. Pensez à nettoyer l’extérieur du pot pour éviter d’introduire des pathogènes.

Une fois le trou prêt, vaporisez un peu d’eau sur les parois. Vous pouvez ajouter une hormone/racinaire si souhaité.
Étape 4. Sortir la plante de son ancien pot
Pour cela, retournez le pot et tapez dessous en maintenant la motte dans votre main. Tenez la tige entre le majeur et l’annulaire. Si le substrat colle aux parois, massez doucement le pot ou faites passer un couteau le long des parois pour aider au démoulage.
Étape 5 (optionnel). Dégager les racines d'une plante « rootbound »
Si la plante a trop longtemps poussé dans un pot trop petit, elle finit par être rootbound : les racines forment un enchevêtrement dense contre les parois et parfois une croûte jaunâtre autour de la motte. Dans ce cas, essayez de décoincer soigneusement les racines avec les doigts (utilisez des gants pour limiter le risque de contamination).

Il est aussi possible de couper les racines très emmêlées, mais cela stressera fortement la plante et rallongera la phase végétative.
Étape 6. Mettre la plante en place
Faites-le rapidement pour limiter l’exposition des racines à la lumière : elles préfèrent l’obscurité. Une fois la plante dans le trou, remplissez les interstices avec votre substrat en tassant légèrement. Arrosez doucement, cela aidera à éliminer les poches d’air. Attention cependant : n’arrosez pas trop pour que les racines restent incitées à explorer le pot à la recherche d’humidité.
Étape 7. Créer des conditions favorables à la reprise
Le rempotage peut altérer la capacité d’absorption de l’eau par les racines. Il est donc utile de réduire la transpiration des feuilles, en diminuant la puissance lumineuse ou en éloignant la lampe du sommet des plants. Privilégiez une température fraîche et une humidité relative autour de 60%.
Tout cela aidera vos plantes à limiter les pertes d’eau le temps que les racines se remettent. Dès que la croissance repart (ou ne s’arrête pas du tout), la vie reprend son cours normal.

Choc de transplantation : à quoi ça ressemble et comment l’éviter ?
Si le rempotage est réussi, vous le verrez tout de suite : la plante continue d’évoluer jour après jour comme avant. Les feuilles s’élargissent, de nouvelles apparaissent.
Le choc de transplantation, en revanche, se manifeste par un net ralentissement de la croissance. Parfois, c’est radical : aucun changement d’un jour à l’autre, la plante stagne. Pire encore, les feuilles peuvent flétrir ou jaunir – signe qu’elles perdent plus d’eau que les racines ne peuvent en fournir. Parfois, les racines sont si stressées qu’elles n’absorbent plus du tout l’eau.
Le meilleur moyen d’éviter ce problème est de faire passer le rempotage totalement inaperçu pour la plante. Soyez rapide et délicat, ne perturbez pas les racines (ni cassées, ni coupées, ni écrasées, ni froissées…), gardez une nouvelle terre identique à l’ancienne (même composition, température et humidité). Ainsi, les racines continuent leur progression comme si elles étaient toujours dans le pot initial.
Si le rempotage n’a pas été très doux, le choc est plus probable. Difficile de dire combien de temps il dure – cela dépend de la gravité du stress et de la résilience de la génétique. Si vous avez été trop brusque, vous n’aurez plus qu’à fournir des conditions les plus douces possible et espérer le meilleur.
Quel moment de la journée choisir pour rempoter
Cherchez le créneau le plus doux possible pour la plante. Il est bon de rappeler une troisième fois nos conseils clés : évitez toute “fuite” d’eau excessive en gardant température fraîche, humidité élevée et lumière tamisée. Globalement, il vaut mieux rempoter en soirée pour permettre à la plante de s’adapter pendant la nuit.
En extérieur, cela devient encore plus important. Il est préférable de protéger les jeunes plantules de la chaleur extrême ou du soleil direct en les repiquant le soir ou lors d’une journée fraîche et nuageuse. En climat froid, l’inverse peut s’appliquer : évitez la tombée de la nuit et privilégiez la partie la plus chaude et ensoleillée de la journée.

Engrais et rempotage du cannabis
Transplanter dans un pot plus grand offre un apport en terreau frais : il peut donc être judicieux de réduire la dose de nutriments par rapport à avant, voire de ne plus rien ajouter temporairement. De même, en réduisant l’intensité lumineuse pendant la reprise, la plante aura automatiquement besoin de moins d’engrais.
L’utilisation d’une poudre ou d’un stimulant racinaire est un cas à part. Cela favorise l’enracinement et la croissance. Il en va de même pour les mycorhizes et autres inoculants organiques qui boostent la rhizosphère.
En revanche, il faudra nourrir vos plantes si vous les transvasez dans de la vieille terre. Celle-ci étant pauvre, elle agit comme tout substrat inerte (laine de roche, billes d’argile, ou coco) – assurant seulement le soutien et la rétention d’eau/nutriments pour les racines.
Astuces pour un rempotage sans stress
Un cultivateur aguerri connaît quelques astuces pour réduire le stress lié au rempotage, en voici quelques-unes :
- Utilisez des pots de pépinière à parois perméables ou biodégradables. Il existe aujourd’hui des pots dont les parois laissent aisément passer les racines, ou qui sont à la fois perméables et biodégradables (tourbe, coco…). Ainsi, vous ne sortez même pas la plante du pot : il suffit de placer l’ensemble dans le nouveau pot, sans perturber les racines.
- Germinez dans un cube de laine de roche ou une pastille de tourbe. Dès que les racines apparaissent, transplantez en pot de démarrage ou en contenant final : stress minimal garanti.

- Utilisez un godet facile à découper. Lorsque le moment est venu, coupez le godet sur la longueur puis son fond, et placez le tout dans le trou en enlevant simplement les morceaux du vieux pot.
- Coupez juste le fond du pot de démarrage et oubliez les parois. La croissance des racines est surtout vers le bas : à moins que votre pot de départ ne soit très haut, laisser les parois ne pose aucun souci. Idéal pour les cultures en bac surélevé dehors.
- Posez simplement le vieux pot (sans fond) sur le nouveau contenant. Les racines poursuivront leur descente et coloniseront le reste du substrat.

Du passage de l’intérieur à l’extérieur
Commencer votre culture outdoor à l’intérieur est fréquent : cela épargne aux semis toutes les agressions du dehors à leur stade le plus fragile. En général, gardez vos plantules en intérieur les 10 à 14 premiers jours après germination, puis mettez-les en place dehors. Elles seront alors assez robustes pour résister au rempotage et s’adapter aux variations de température, vent et soleil direct.
Il est toujours conseillé de les endurcir avant la transplantation : exposez-les graduellement à la lumière filtrée puis directe chaque jour. Ainsi, elles vivront mieux le double stress du rempotage et du changement d’environnement.
Rempotage des autofloraisons
Pendant longtemps, les auto étaient considérées comme fragiles et très sensibles au stress, ce qui a conduit à déconseiller tout rempotage. Mais de nos jours, les génétiques autofloraison sont beaucoup plus robustes et de nombreux cultivateurs négligent ce vieux conseil.
Cela ne veut pas dire que rempoter des auto soit facile, surtout à cause de leur courte phase végétative. La fenêtre de temps pour réussir le rempotage est très réduite : il faut réussir l’opération si bien que la plante ne perde pas le moindre jour de croissance. Avec les automatisées, chaque jour passé à récupérer du stress diminue le rendement.
Alors, quelle que soit l’astuce citée plus haut pour limiter le stress lors du rempotage, elle est bonne à prendre avec les autos : préparation, geste, post-rempotage. Donnez le meilleur de vous-même, cela se verra à la récolte !

Rempotage des pieds-mères
Le rempotage des pieds-mères est fondamentalement différent de celui des plantes destinées à la floraison. L'objectif n'est pas d’agrandir le système racinaire ni la masse aérienne. Les pieds-mères sont volontairement conservés petits, parfois des mois voire des années dans le même petit pot. Mais leurs racines finissent aussi par être à l’étroit et nécessitent un renouvellement périodique.
Pour ce faire, préparez un nouveau pot de même taille avec un peu de terre dans le fond. Retirez la plante, coupez proprement environ un tiers de la motte racinaire sur tous les côtés (y compris le fond), replacez-la dans le nouveau pot et comblez les vides. Vous avez ainsi rajeuni votre pied-mère.
Conclusion
Le rempotage est une opération potentiellement stressante, mais dans certaines situations, ses bénéfices compensent largement les risques. Le procédé peut même être si bien maîtrisé que vos plantes ne remarqueront même pas avoir déménagé. Nous espérons que cet article vous aura donné un aperçu des meilleures techniques pour rempoter le cannabis sans stress. Bonne culture !
Comments