Anatomie des plantes de cannabis : des graines aux têtes
- 1. Anatomie des plantes femelles vs mâles
- 2. Graines et plantules
- 3. Racines
- 4. Feuilles nourricières
- 5. Feuilles à sucre
- 6. Organes pré-sexuels
- 7. Branches et tiges
- 8. Nœuds
- 9. Fleurs (têtes)
- 10. Pistils et stigmates
- 11. Bractées
- 12. Trichomes
- 13. Le cycle de vie des plantes de cannabis
- 13. a. Le stade de germination
- 13. b. Le stade plantule
- 13. c. Le stade végétatif
- 13. d. Le stade floraison
- 14. Différence entre plantes autofloraison et photopériodiques
- 15. En conclusion
Beaucoup de consommateurs ont déjà vu une fleur de cannabis (aussi appelée tête ou bud) voire une feuille, mais n'ont jamais vu une plante mâle ou femelle grandir à partir d'une graine. Lorsque vous cultivez du cannabis, il est essentiel de bien connaître l’anatomie des plantes de cannabis mâles et femelles afin de comprendre leurs besoins et prévenir les problèmes. Il est crucial de connaître les parties d'une plante de cannabis telles que les racines, les nœuds, les calices et les trichomes pour faire pousser des graines de cannabis et maintenir un jardin sain.
1. Anatomie des plantes femelles vs mâles
Les plantes de cannabis sont dioïques, ce qui signifie qu’elles possèdent des sexes séparés, donc les plantes peuvent être mâles ou femelles. Chez le cannabis, la plante femelle produit de grandes quantités de cannabinoïdes et développe les fleurs (têtes), tandis que la plante mâle en produit peu et développe des sacs polliniques.

Lorsque les deux interagissent, le pollen mâle féconde les fleurs femelles (les têtes), produisant des graines utilisées pour l’hybridation et la culture du cannabis. Il est essentiel de savoir quelle plante vous devez cultiver pour obtenir le résultat souhaité, c'est pourquoi nous expliquons dans cet article les principales différences et l’anatomie d’une plante de cannabis.
N'oubliez pas que vous pouvez aussi rencontrer une plante de cannabis hermaphrodite. Une plante hermaphrodite développera à la fois les organes mâles et femelles, c’est-à-dire que vous verrez à la fois des sacs polliniques et des pistils sur la même plante. Cela n’est pas forcément grave en soi, mais si vous souhaitez cultiver des têtes et non produire des graines, il vaut mieux éviter les plantes hermaphrodites.
2. Graines et plantules
Une graine est la première chose dont vous avez besoin pour commencer à cultiver votre plante de cannabis femelle ; une graine de cannabis a une coquille dure pour protéger l’embryon, qui se développera ensuite en plantule lors de la germination, puis en plante à maturité. Exposée à la bonne température et à l’humidité, vous verrez apparaître une plantule (bébé plante), qui sort du substrat avec une petite paire de feuilles vertes arrondies nommées cotylédons.

Les cotylédons contiennent déjà de la chlorophylle, ce qui permet aux petites feuilles de réaliser la photosynthèse. Mais ce n’est qu’au stade végétatif précoce que vous verrez le premier duo de feuilles dentées se développer : la plante commence alors à absorber l’énergie et les nutriments, qu’elle consacrera à la croissance du feuillage et des tiges.
3. Racines
Après 3 à 5 jours d’exposition de la graine à des conditions de germination, vous verrez sortir une « queue » blanche de la graine ; cette « queue » va s’allonger et s’épaissir dès que la graine est plantée et deviendra finalement la racine pivot de la plante (taproot), qui est la racine principale d’où partent les petites racines secondaires.

Une fois que la racine pivot atteint une taille conséquente, plusieurs racines latérales vont émerger et former un réseau racinaire dans la terre, chargé d’absorber l’eau et les nutriments essentiels à la croissance de la plante.
4. Feuilles nourricières
Après l’apparition des cotylédons, ils seront exposés à la lumière du soleil. C’est important car les cotylédons utilisent la photosynthèse pour capter la lumière et produire l’énergie nécessaire à la croissance de la plante. Après quelques jours, les premières feuilles dentelées apparaissent, puis, à mesure que la plante grandit, un feuillage de plus en plus grand se développe, avec, à chaque fois, davantage d’apex (« doigts » d’une feuille nourricière de cannabis).

Selon la génétique, le feuillage peut avoir cinq, sept, neuf ou plus de doigts ; dans tous les cas, indépendamment de leur nombre, les feuilles nourricières utilisent le soleil, l’eau et le CO2 pour produire les sucres nécessaires à la croissance de la plante.
De plus, les feuilles diffèrent aussi selon la génétique : par exemple, les feuilles Indica sont généralement plus larges avec davantage de doigts, tandis que les feuilles Sativa sont plus fines et en comportent aussi plus. Pour les autofleurs, le feuillage débute souvent avec des feuilles ressemblant à celles de Ruderalis, ce qui peut compliquer l’identification. Voici un tableau pour vous aider à y voir plus clair.
| Caractéristiques des feuilles de cannabis |
|
|---|---|
| Espèce | Caractéristiques des feuilles |
| Plante Sativa | Plus fines avec jusqu’à 13 « doigts ». |
| Plante Indica | Feuilles grosses et larges, jusqu’à 9 « doigts ». |
| Plante Ruderalis | Petite et compacte, développant 3 à 5 « doigts ». |
Ces sucres constituent la source d’énergie de la plante de cannabis et alimentent sa croissance ainsi que tous les processus biologiques essentiels. Sachez que même si le feuillage fait partie de la plante, celui-ci contient très peu de cannabinoïdes : leur rôle est donc surtout d’absorber la lumière du soleil, de stocker de l’eau et de protéger les têtes des coups de soleil — mais elles ne se fument pas en général.
5. Feuilles à sucre
Les feuilles à sucre sont des feuilles ordinaires mais, contrairement aux feuilles nourricières, elles sont plus petites et poussent généralement entre les têtes sur les plants femelles. Ce feuillage peut parfois être couvert de trichomes selon la production de trichomes de chaque variété.

Ces feuilles contiennent moins de résine que les têtes et ne sont généralement pas consommées, mais selon la qualité de la génétique, elles peuvent être utilisées pour confectionner des comestibles, des huiles ou des extraits.
6. Organes pré-sexuels
Les organes pré-sexuels (qui deviendront ultérieurement les organes sexuels de la plante) apparaissent aux entre-nœuds, lors du stade de pré-floraison. Si votre plante est un mâle, vous remarquerez de petites boules (les sacs polliniques) aux premiers stades qui se développeront en têtes.
Les sacs polliniques vont ensuite se développer et s’ouvrir, libérant le pollen nécessaire à la production de graines. Si, en revanche, vous voyez des poils blancs (stigmates) à la place, votre plante est bien une femelle.

Si vous cultivez à la maison, vous devriez « sexer » vos plantes (faire pousser un clone en 12/12 pour voir leurs organes sexuels) avant qu’elles ne soient matures, pour éviter que les plantes mâles pollinisent les femelles. Rappelez-vous que les fleurs fécondées produiront des graines, ce qui diminue la quantité de cannabinoïdes et le rendement global de la plante.
Si vous êtes sélectionneur ou souhaitez simplement expérimenter la reproduction du cannabis, vous pouvez avoir une chambre dédiée pour contrôler la pollinisation et éviter la pollinisation croisée, car le pollen est extrêmement léger et peut voyager sur vos cheveux, vos vêtements, et même avec le vent.
7. Branches et tiges
Comme nous l’avons vu plus haut, les feuilles absorbent la lumière, et à mesure que de nouvelles feuilles apparaissent, votre plante en capte davantage et la tige ainsi que les branches s’épaississent, développant plus de nœuds (et des entre-nœuds plus espacés) de chaque côté de la tige.

La tige centrale est la partie principale de l'anatomie de la plante et apporte support au feuillage, aux branches et aux fleurs femelles ou mâles (autrement dit à toute la plante). À l’intérieur de la tige se trouve le système vasculaire composé du xylème et du phloème. Le xylème transporte l’eau et les nutriments dissous, tandis que le phloème s’occupe des sucres, protéines et autres molécules organiques de la plante.
Parfois, des mutations génétiques peuvent survenir, elles ne se réparent pas mais, même si elles entraînent une croissance particulière (branchage ou feuillage irrégulier), la plante peut produire des fleurs (têtes) de bonne qualité, même si les rendements peuvent être impactés.
8. Nœuds
Les nœuds sont les points où les branches sortent de la tige. Au stade végétatif, ils sont habituellement parallèles deux à deux mais, lors de la floraison, les nœuds peuvent paraître irréguliers : pas de panique, c’est une caractéristique de certaines variétés de cannabis et cela aide parfois à en distinguer l’espèce.

Gardez à l’esprit qu’aujourd’hui, la plupart des variétés de cannabis sont des hybrides (mélange d’Indica et de Sativa), donc ces différences ne sont pas une science exacte. Mais en général, les Indicas présentent des nœuds plus rapprochés alors que chez les Sativas ils sont plus espacés.
Les nœuds sont essentiels car c’est à partir d’eux que vont se former les têtes ou les sacs polliniques, et c’est aussi là qu’apparaissent les premiers signes du sexe de votre plante.
9. Fleurs (têtes)
Les têtes (fleurs) sont la partie la plus importante pour les cultivateurs, mais aussi pour la plante elle-même : elles remplissent divers rôles comme attirer les pollinisateurs et produire des graines (une fois fécondées) pour perpétuer l’espèce. De nos jours, il existe des graines féminisées garantissant des plantes 100 % femelles, mais dans la nature, la plante est dioïque, elle peut donc être mâle ou femelle, comme précisé plus haut.

Le stade pré-floraison est vital pour différencier le sexe de la plante car c’est à ce moment-là qu’elle montre ses premiers signes. Les fleurs (ou têtes) qui se forment au sommet de la tige sont connues sous le nom de cola principale ; habituellement, une plante possède une cola principale, mais il existe diverses techniques de palissage permettant d’en former plusieurs (LST, HST) pour augmenter les rendements.
La cola principale est aussi appelée « apex » et rassemble la majeure partie des têtes. On observe aussi de petits groupes de fleurs entre le feuillage (au niveau des entre-nœuds) mais — par rapport à la cola principale — les colas secondaires sont plus petites, d’où l’intérêt, pour maximiser la récolte, de pratiquer le LST ou le HST.

Ces deux méthodes de palissage modifient la structure de la plante en exposant davantage de sites de floraison à la lumière et à l’air, ce qui permet aux têtes de grossir tout en améliorant leur qualité.
Pour les fleurs, il y a une différence entre fleurs femelles et mâles. Les mâles se développent 2 à 3 semaines plus tôt que les femelles et, comme dit plus haut, ne fabriquent pas de têtes mais créent aussi des colas (groupes de sacs polliniques).
10. Pistils et stigmates
Les pistils et stigmates sont les parties reproductrices des fleurs femelles. La plupart des consommateurs connaissent les stigmates sous le nom de pistils, mais en réalité, le pistil est la partie d’où partent les stigmates (les poils blancs). Ces structures en forme de poils sont chargées de collecter le pollen des fleurs mâles afin de former des graines.

Lorsque la plante est arrivée à maturité, les stigmates peuvent changer de couleur plusieurs fois, en commençant par du blanc, puis jaune, orange, rouge et enfin brun. Notez que les stigmates n’influent ni sur la puissance ni sur le goût des têtes car ils ne stockent pas de cannabinoïdes et n’ont pas de trichomes : ils n’impactent donc pas la qualité ni l’effet.
11. Bractées
Les bractées, souvent appelées à tort calices, constituent en fait la structure de la tête sur une plante de cannabis : ce sont des nodules en forme de poire qui se développent entre les feuilles à sucre et qui, selon la variété, peuvent prendre plusieurs couleurs, formes et tailles.

Lorsque les stigmates sont pollinisés, la bractée devient un ovaire (incubateur de graines) permettant le développement des graines. Mais cela peut impacter les rendements et la quantité de résine sur vos têtes, c'est pourquoi les graines « sinsemilla » (sans graines) ou féminisées sont préférées des cultivateurs et consommateurs.
Une fleur non pollinisée est en général très riche en trichomes puisqu’à la récolte, il y en aura plus : ils sont responsables de la production et du stockage des terpènes et cannabinoïdes.
12. Trichomes
Les trichomes sont ces petits cristaux recouvrant les têtes et le feuillage environnant. Ils sont considérés comme la partie la plus importante pour de nombreux consommateurs de cannabis : ces glandes en forme de champignon sont translucides et collantes, formant une épaisse couche sur les têtes. Il existe différents types de trichomes, selon la plante :
- Trichomes capités sur pédicelle : 100 µm ;
- Trichomes cystholithiques : 50 µm ;
- Trichomes unicellulaires non glandulaires : 20 µm ;
- Trichomes capités sessiles : 20 µm ;
- Trichomes bulbeux complexes : 10 µm ;
- Trichomes bulbeux simples : 10 µm.
Toutes les « variétés récréatives » sont riches en THC et, selon le strain, la production de trichomes peut varier, donnant plus ou moins de trichomes sur la plante ; mais dans tous les cas, chaque plante en produira.

Pour les cultivateurs domestiques, l’aspect des trichomes fait généralement foi pour savoir exactement le moment de la récolte. Dans la nature, les composés produits par la plante servent aussi de mécanismes de défense : ainsi, les terpènes, par leur odeur, repoussent les prédateurs, tandis que les trichomes collants protègent les têtes contre les insectes et les UV. Même si l’on n’y pense pas forcément en culture indoor, chaque partie de la plante a sa fonction lorsque la plante pousse dans la nature.
13. Le cycle de vie des plantes de cannabis
Maintenant que vous savez tout sur l’anatomie des plantes de cannabis, intéressons-nous à leur cycle de vie. Une plante de cannabis peut mettre entre 8 et 32 semaines pour pousser et atteindre la maturité, et traverse pendant ce temps quatre stades :
- Stade de germination ;
- Stade plantule ;
- Stade végétatif ;
- Stade floraison.
Il est crucial de bien comprendre ces étapes pour cultiver des plantes en bonne santé, chaque stade exigeant différentes intensités de spectre lumineux, de photopériode, de nutriments et de conditions de culture.
Le stade de germination
Comme toute plante, le cannabis démarre à partir de graines. Les graines de cannabis restent dormantes jusqu'à ce qu'elles soient exposées à la chaleur et à l’humidité. Cela signifie que pour faire germer une graine de cannabis (ou toute autre graine), vous devrez l’hydrater et lui fournir des conditions adaptées.
Une fois plantées, les graines peuvent mettre de 3 à 10 jours à germer, et elles contiennent suffisamment de réserves pour 2 à 3 semaines, ce qui signifie qu'il n'est pas nécessaire d’arroser avec une solution nutritive tant que la plantule n'a pas émergé du sol. Lorsqu’elle sort, vous verrez deux petites feuilles arrondies, appelées cotylédons : c’est le début du stade plantule.
Le stade plantule
Le stade plantule peut durer de 1 à 3 semaines, voire plus selon la variété et les conditions de culture. Durant ce stade, la plante concentre ses efforts sur le développement des racines et du feuillage, donc ses racines sont encore petites et fragiles : attention à ne pas trop arroser ni trop nourrir.

En stade plantule, veillez à fournir 18 heures de lumière et 6 heures d’obscurité, et surveillez-les régulièrement car elles sont très sensibles aux ravageurs et aux maladies.
Le stade végétatif
Après quelques semaines de croissance végétative, vos plantes auront besoin de plus de nourriture, de lumière et d’eau à mesure que racines et feuillage se développent rapidement. Pendant le stade végétatif, donnez-leur plus d’azote et moins de phosphore et potassium, puisque l’azote est nécessaire au développement du feuillage. Si vous cultivez en intérieur, la règle générale est de passer en 12/12 (ce qui déclenche la floraison) quand la plante mesure entre ⅓ et ½ de la taille souhaitée à la récolte.
Le stade floraison
Lorsque vous basculez en 12/12 (ou quand l’automne arrive en extérieur), vos plantes commencent à fleurir. Le stade de floraison dure de 6 à 10 semaines, voire plus selon la variété. Cela commence par l’apparition des pré-fleurs qui vont ensuite grossir et devenir ces délicieuses têtes résineuses tant attendues. Évidemment, ceci est un résumé : de nombreux autres paramètres entrent en ligne de compte, mais bien comprendre le cycle et l’anatomie des plantes de cannabis vous permettra d’anticiper et prévenir les soucis.
14. Différence entre plantes autofloraison et photopériodiques
Voilà, tout ce qu’il faut savoir sur le cycle de vie d’une plante de cannabis. Ou presque ! Ce que nous avons décrit ci-dessus concerne les variétés photopériodiques, mais il existe une nouvelle venue : l’autofloraison ! Autrefois considérées (à juste titre, il faut l’admettre) comme moins productives et moins puissantes que leurs cousines photopériodiques, les variétés autofloraison peuvent aujourd’hui rivaliser fièrement avec les meilleures.
Grâce au travail passionné de quelques sélectionneurs au cours de ces deux dernières décennies, les autofleurs sont désormais au niveau (voire supérieures dans certains cas) des photopériodiques sur tous les points importants : taille des rendements, puissance des têtes, production de terpènes et de flavonoïdes.
Elles présentent aussi des avantages indéniables, utiles aux cultivateurs débutants comme expérimentés. Ces bénéfices incluent :
- Temps de culture plus court – Certaines plantes autofloraison peuvent passer de la graine à la récolte en environ 8 semaines (la plupart des variétés nécessitent moins de 10 à 11 semaines, c’est très rapide), alors qu’une photopériodique prend 2 fois plus de temps, surtout chez les Sativa dominantes.
- Plus facile à cultiver – Les autofleurs demandent moins d’attention et de soins. Ce sont des variétés que l’on peut quasiment planter puis oublier.
- Polyvalence – Les autos sont extrêmement polyvalentes et peuvent pousser dans quasi tous les milieux et conditions. Elles n’ont pas besoin d’un climat parfait, contrairement aux photopériodiques, et s’en sortent souvent dans des conditions imparfaites. Cela provient de leur héritage Ruderalis, originaire des climats rudes du nord de l’Europe.
- Discrétion – Les autos sont généralement plus petites et compactes que les photopériodiques, ce qui les rend plus faciles à camoufler.
- Robustesse – Les autos ont en général une meilleure résistance aux nuisibles, aux moisissures et autres maladies comparées aux variétés photopériodiques.
Des récoltes plus nombreuses – Les autofleurs peuvent être récoltées plusieurs fois par an puisqu’elles ne dépendent pas des saisons pour déclencher la floraison. Si vous cultivez en extérieur, deux cultures peuvent donc être faites là où une seule photo est possible. En intérieur, mettre en place une routine de récolte perpétuelle (rotation de plantes à différents stades dans la pièce) est bien plus simple avec les autos, car toutes les plantes, quel que soit leur stade, peuvent être sous le même éclairage. Nous y reviendrons plus loin.
Mais alors, qu’est-ce qui distingue l’autofloraison des photopériodiques dans le cycle de vie ?
La réponse est dans le nom : contrairement aux variétés photopériodiques, dont la croissance dépend de la photopériode d’éclairage, les autos possèdent une horloge génétique intégrée qui déclenche la transition croissance-floraison, quel que soit le cycle lumineux. Cela se traduit par de nombreux avantages pour la culture en intérieur comme en extérieur.
Le meilleur cycle lumineux pour les autofleurs
Nous savons que pour faire fleurir une variété photopériodique, il faut passer l’éclairage de 18 heures par jour (18/6) à 12/12. C’est simple, mais cela implique deux espaces séparés pour la croissance et la floraison en indoor… ce qui n’est pas le cas avec les autos ! Comme mentionné précédemment, l’un des principaux atouts des autofloraisons est qu’elles fleurissent quel que soit le cycle, du moment qu’elles reçoivent suffisamment de lumière globale. On peut donc cultiver des autos en 24/0, 20/4 ou 18/6 de la graine à la récolte, à votre convenance.
Mais après des années de tests, nous recommandons 20/4 ou 18/6 par jour pour des résultats optimaux. Les autos poussent sous 24/0, mais l’absence de repos peut causer du stress selon la variété. Ce choix de photopériode simplifie la vie, mais il apporte un autre énorme avantage…
Mettre en place une routine de récolte perpétuelle avec les variétés autofloraison
Le rêve de tout cultivateur ? Plusieurs réponses sont possibles, mais celle qui revient le plus souvent : un approvisionnement illimité de têtes de qualité. Comment s’en assurer ? En buildant une routine de récolte continue !
Si cela reste possible en photopériodiques (avec deux chambres), c’est très simple avec les autos. Grâce à leur capacité à fleurir quel que soit le cycle lumineux, toutes vos plantes peuvent grandir ensemble dans une même pièce. Il suffit d’échelonner les semis pour qu’à tout instant, certaines soient prêtes à récolter et d’autres en début de croissance (visez 3 à 4 semaines d’écart). Ainsi, vous aurez toujours des têtes à récolter, et de nouveaux plants en démarrage. Parfait ! Le mieux est de séparer votre espace en deux : une zone croissance et une zone floraison.
Quand une auto côté floraison est prête pour la récolte, sortez-la et remplacez-la par une nouvelle venue de la zone croissance. Nous conseillons aussi une configuration ScrOG pour garder un sommet de canopée uniforme tout au long de la flo, garantissant une récolte homogène. Mais qu’en est-il du rendement ? Est-ce que la culture continue avec des autos réduit le rendement global ? Non ! Si chaque plante a le temps de bien finir et atteindre ses THC / CBD, les rendements seront équivalents. Et les plantules alors ?
Vous pouvez les faire pousser dans la même pièce, mais ce n’est pas l’idéal : l'éclairage principal est un peu trop intense pour les plantules, qui préfèrent des conditions plus chaudes et humides qu’en croissance ou floraison. Le mieux est donc de germiner vos graines dans une pièce chaude à lumière douce, entre 22 et 28°C. Une fois qu’elles ont développé des racines solides et leurs premières feuilles, vous pourrez les basculer dans la pièce principale.
15. En conclusion
Le cannabis est une plante millénaire qui a développé et perfectionné sa structure au fil du temps ; même si l’on n’en a pas toujours conscience, toutes les parties d’une plante de cannabis (pas uniquement ses organes sexuels) sont essentielles pour sa croissance et la perpétuation de l’espèce. Partagez vos astuces ou informations pour aider la communauté des cultivateurs en laissant un commentaire ci-dessous !
Références externes :
- Morpho-Anatomy of Marijuana (Cannabis sativa L.) – Raman, Vijayasankar & Lata, Hemant & Chandra, Suman & Khan, Ikhlas & Elsohly, Mahmoud. (2017).
- Understanding Cannabis. – Hunt, Debra & Keefe, Joanne & Whitehead, Tammy & Littlefield, Amber. (2020).
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