Guide de Nutrition Foliaire pour les Plants de Cannabis

22 June 2021
Les choses à faire et à ne pas faire lorsqu'il s'agit de pulvérisation foliaire sur le cannabis !
22 June 2021
15 min read
Guide de Nutrition Foliaire pour les Plants de Cannabis

Sommaire:
En savoir plus
  • 1. Qu'est-ce que la nutrition foliaire et la pulvérisation foliaire ?
  • 2. Quand pulvériser ou nourrir foliairement ?
  • 3. Quand utiliser la pulvérisation foliaire
  • 4. Les limites de la pulvérisation foliaire
  • 5. Quel type de pulvérisateur utiliser ?
  • 6. Recettes maison de sprays foliaires
  • 7. Conseils pour améliorer l'efficacité de la pulvérisation foliaire
  • 8. Arrosage conventionnel expliqué
  • 8. a. Nutrition foliaire vs arrosage classique
  • 8. b. Quelle solution? combinez les deux!
  • 9. Faq rapide sur la nutrition foliaire
  • 10. Conclusion

À ne pas confondre avec la pulvérisation foliaire qui consiste essentiellement à vaporiser toute solution, généralement utilisée pour traiter les plantes infestées d'insectes en appliquant un insecticide ou un fongicide par pulvérisation foliaire, la nutrition foliaire consiste à apporter macro et micronutriments à vos plantes en pulvérisant la solution nutritive directement sur les feuilles, ce qui permet d’obtenir des feuilles plus saines et de corriger plus rapidement les carences en nutriments. De nombreux cultivateurs pensent qu’une nutrition foliaire peut être plus efficace que de nourrir vos graines de cannabis de façon conventionnelle, mais est-ce vrai ?

1. Qu'est-ce que la Nutrition Foliaire et la Pulvérisation Foliaire ?

La nutrition foliaire implique de pulvériser les feuilles, au lieu d'arroser le sol, avec une solution nutritive et il s’agit d’un moyen rapide et efficace de traiter les carences en nutriments, car les feuilles peuvent absorber les nutriments bien plus rapidement que les racines, même si cela est limité par la taille des stomates, contrairement aux racines. La nutrition foliaire est devenue populaire dans les années 1950, lorsque des chercheurs de la Michigan State University ont découvert que les feuilles sont un organe d’absorption ultra-efficace ; Bien que les quantités absorbées par les feuilles soient relativement faibles comparées à un arrosage du substrat, l'efficacité est supérieure et peut aller jusqu’à environ 95 %.

 

Guide de nutrition foliaire : anatomie de la plante

C'est par les stomates que les feuilles absorbent les pulvérisations foliaires.
 

Malgré les conclusions des scientifiques, tous les cultivateurs ne sont pas d'accord. En effet, certains ont constaté que la plupart des produits conçus pour être utilisés en pulvérisation foliaire n’incluent pas de tensioactif pour aider la solution à adhérer aux feuilles, de sorte que la solution nutritive s'écoule des feuilles presque immédiatement et, dans ce cas, les feuilles n’absorbent pas correctement la solution, qui continue alors son chemin vers le substrat où elle sera absorbée par les racines. Cela signifie que la nutrition foliaire aide bien à traiter des carences et peut être utilisée ponctuellement pour maintenir la santé du feuillage, mais ne doit pas remplacer l’alimentation classique.

Pulvérisation Foliaire

En plus de la nutrition foliaire, il existe également la pulvérisation foliaire qui consiste en le même procédé mais elle est utilisée pour appliquer des fongicides ou des insecticides afin de lutter contre la moisissure, les insectes ou les maladies. Il n’y a pas vraiment de différence entre nutrition et pulvérisation foliaire mis à part l’objectif et la fréquence d’application : l’une sert à nourrir les plantes, l’autre à lutter contre les ravageurs et les maladies.

2. Quand pulvériser ou nourrir foliairement ?

Si vous cultivez en extérieur, le meilleur moment pour la pulvérisation ou la nutrition foliaire est tôt le matin ou tard le soir car c’est à ce moment que les pores des plantes sont totalement ouverts ; Si vous cultivez en intérieur, le meilleur moment est 1 à 2 heures avant l’extinction des lumières ou 1 à 2 heures avant leur allumage, car à ces moments précis, les pores de la plante sont largement ouverts, ce qui favorise une absorption plus rapide que lors des périodes d’éclairage fort (ou lorsque les lampes sont allumées).

 

Guide de nutrition foliaire : meilleur moment pour la nutrition foliaire

Le meilleur moment pour une pulvérisation foliaire est 1-2h avant l’extinction ou 1-2h avant l’allumage des lampes.
 

N'oubliez pas qu'il est déconseillé de pulvériser foliairement lorsque vos plantes reçoivent la lumière directe du soleil, à cause de « l'effet loupe » généré par les gouttelettes d'eau : la lumière pourrait brûler le feuillage et dégrader les nutriments ou autres substances présentes dans la solution.

3. Quand utiliser la pulvérisation foliaire

Comme mentionné, la nutrition foliaire ne peut pas remplacer l'arrosage du sol mais, dans certains cas, elle présente un avantage et il existe trois scénarios principaux.

Absorption racinaire limitée

La nutrition foliaire est recommandée lorsqu’un facteur limite l’absorption des nutriments par les racines ; cela peut arriver si le pH du sol est trop élevé ou trop bas, un stress thermique, une humidité du sol trop faible ou trop élevée, une maladie racinaire ou une infestation de ravageurs affectant l’assimilation des éléments.

Par exemple, la disponibilité des nutriments dans le substrat diminue fortement si le pH est trop haut ou trop bas ; dans cette situation, la nutrition foliaire est la meilleure façon de corriger le problème temporairement le temps d’ajuster le pH.

Carences nutritives

La pulvérisation foliaire est un excellent moyen de corriger les carences grâce à l’absorption très rapide : comme indiqué plus haut, l’absorption foliaire peut atteindre 95 %, soit 8 à 9 fois plus que l’absorption racinaire. C’est donc une solution rapide (mais temporaire) pour soigner des plantes carencées.

 

Guide de nutrition foliaire : carences en nutriments

La nutrition foliaire ne doit pas remplacer l'alimentation classique mais peut être d'un grand secours dans ces situations.

Stimulants foliaires et boosters de croissance

Encore une fois, la nutrition foliaire ne doit pas remplacer l’arrosage classique mais, grâce à la rapidité d’absorption, c’est un moyen efficace pour fournir à vos plantes les nutriments ou vitamines spécifiques sous forme de boosters ou de stimulants, adaptés à chaque phase de croissance. Outre l’apport de macro et de micronutriments, les stimulants et boosters aident les feuilles et branches à se développer plus vigoureusement, redonnent du tonus à vos plantes, ce qui peut renforcer leur structure, le rendement et la qualité de la récolte.

Pulvérisation foliaire contre insectes et moisissures

Les pulvérisations foliaires sont le meilleur moyen de traiter ou prévenir les ravageurs et maladies tels que les araignées rouges ou l'oïdium. L’une des solutions naturelles les plus répandues est l’huile de neem, qui agit à la fois en prévention et en traitement, et qui est 100 % naturelle tout en ayant des propriétés antifongiques.

Beaucoup de cultivateurs utilisent l’huile de neem ou des produits similaires, qu’ils associent parfois au jus d’aloe vera et à un émulsifiant comme le silicate de potassium pour dissoudre l’huile et faciliter son absorption ; Appliquer ce type de solution une fois par semaine durant la phase végétative renforce la plante et accroît sa résistance aux maladies et ravageurs, mais son emploi n’est pas recommandé en floraison, car cela peut altérer le goût et l'arôme des têtes.

De plus, une pulvérisation foliaire à base de savon insecticide, comme le savon potassique, est très efficace contre les insectes nuisibles, et particulièrement contre les pucerons qui sont très courants. Mélanger différents produits peut également donner d'encore meilleurs résultats, par exemple, l’association huile de neem et savon potassique élimine les insectes et prévient de futures invasions.

N’oubliez pas que vous n’êtes pas limité à l’huile de neem et au savon potassique : il existe de nombreux ingrédients naturels comme le piment de Cayenne, l'huile de cannelle et l'ail qui permettent de lutter contre les pathogènes et insectes sans danger pour vos plantes. Si vous ne souhaitez pas préparer vous-même un mélange, vous trouverez aussi des solutions naturelles prêtes à l’emploi dans votre growshop habituel.

4. Les limites de la pulvérisation foliaire

Maintenant que vous connaissez le meilleur moment pour pulvériser foliairement et les cas où c’est utile, il faut aussi connaître les limites de cette méthode : malgré son efficacité, elle a aussi des inconvénients :

Apport limité en nutriments

Les nutriments apportés par pulvérisation foliaire ne couvrent pas la totalité des besoins de vos plantes, il faudra donc arroser le substrat avec une solution nutritive pour assurer un apport complet de nutriments.

Brûlure des feuilles (phytotoxicité)

L’application d’une solution trop concentrée par pulvérisation foliaire peut entraîner des brûlures du feuillage puisque l’eau s’évapore en laissant les nutriments sur les feuilles.

Coût et fréquence

Pour éviter les brûlures du feuillage, par exemple, il vaut mieux pulvériser des doses plus faibles de nutriments, mais plus souvent, ce qui devient fastidieux et peut coûter plus cher que l’alimentation classique.

5. Quel type de pulvérisateur utiliser ?

Il existe deux grands types de pulvérisateurs adaptés à la nutrition foliaire, chacun ayant son utilité en fonction des situations. Le premier, c’est le pulvérisateur à main classique que l’on trouve partout, avec des capacités de 500 ml à 11 L. Ils sont petits, maniables, et parfaits pour ne traiter que quelques plantes ou cibler les feuilles en évitant les têtes.

Le second, ce sont les pulvérisateurs à pompe, un peu plus rares mais très pratiques car ils disposent généralement d'une « lance » qui permet de pulvériser sous tous les angles sans effort.

 

Guide de nutrition foliaire : types de pulvérisateurs

Il n’existe pas de « meilleur » pulvérisateur : chaque modèle a ses avantages et ses inconvénients.
 

À vrai dire, il n’y a pas de pulvérisateur « ultime » car dans l’idéal, il faudrait disposer des deux types : il arrive qu’un gros pulvérisateur à pompe simplifie le traitement de toutes les plantes, mais parfois le modèle manuel sera préférable pour plus de précision. L’idéal est d'avoir les deux à disposition.

Après plusieurs années à utiliser différents types de pulvérisateurs, nous pouvons affirmer qu’un pulvérisateur à pompe fait la différence dans presque toutes les situations et facilite la vie du cultivateur. Vous les trouverez facilement en jardinerie, magasin de bricolage, sur internet ou en growshop. Ils coûtent peu, mais rendent la nutrition foliaire bien plus simple. Faites-vous plaisir : procurez-vous-en un, idéalement muni d’une lance d’extension (pour couvrir facilement toute la plante). Faites-nous confiance : vous ne le regretterez pas !

6. Recettes maison de sprays foliaires

Si vous souhaitez profiter des bienfaits des pulvérisations foliaires sans dépenser beaucoup, voici quelques recettes naturelles maison pour de bons résultats :

Recette de Stimulant Naturel de Croissance

Pour cette recette, il vous faudra :

 

Ingrédients
10 g de farine de varech 0,5 g de silice liquide (optionnel)
5 g de jus d'Aloe Vera 5-10 g de luzerne en poudre (optionnel)

 

Laissez tremper 10g de farine de varech dans 1L d'eau pendant 3 à 5 jours (le varech contient quasi tous les macro et micronutriments requis, plus les régulateurs de croissance organiques). Après 3-5 jours, ajoutez 5g de jus d’Aloe Vera (tensioactif naturel et riche en micronutriments), mélangez : votre pulvérisation est prête.

Vous pouvez aussi ajouter 0,5g de silice liquide (renforce les cellules et la résistance aux maladies) ou de la luzerne qui contient du triacontanol (un stimulant de croissance). Utilisez cette préparation quand les lumières s’éteignent, et arrêtez 2 à 3 semaines avant la préfloraison.

Recette Naturelle d’Insecticide

En cas d’infestation d’insectes ou en prévention, voici une bonne recette : il vous faut :

  • Huile de Neem 100 % naturelle ;
  • Savon de Castille à la menthe poivrée ou tout savon insecticide organique ;
  • Eau tiède.

Versez 1L d’eau tiède dans un pulvérisateur, ajoutez 0,6–1ml de savon de Castille, mélangez doucement. Quand le mélange est homogène, ajoutez 1 cuillère à café d’huile de Neem, refermez puis secouez jusqu’à homogénéisation. Pensez à bien secouer avant chaque usage. En cas d’infestation, pulvérisez 1x/semaine jusqu’à disparition ; en préventif, pulvérisez toutes les 2 semaines. Ne pulvérisez jamais sur les têtes !

Recette Naturelle d’Antifongique

Si le but est de lutter contre la moisissure :

 

Ingrédients
1 L d'eau tiède 1 ml d’huile de romarin 3,5 ml d’huile de Neem 100 % naturelle
0,6-1 ml de savon de Castille 1 ml d’huile de menthe poivrée 3,5 ml d’huile d’olive ou d’amande

 

Le procédé est similaire à la recette précédente, avec quelques ingrédients ajoutés. Remplissez le pulvérisateur d'eau tiède, ajoutez le savon, mélangez, puis les huiles (romarin, menthe poivrée, neem, olive ou amande), secouez bien jusqu'à homogénéisation.

L’utilisation de ce spray est la même que précédemment : 1 pulvérisation tous les 7 jours en traitement du mildiou, tous les 14 jours en prévention, mais jamais sur les têtes (cela altérerait goût et arôme). Si vous n’avez pas accès à tous les ingrédients, la recette d’insecticide de base fonctionne aussi très bien. 

7. Conseils pour améliorer l'efficacité de la pulvérisation foliaire

De nombreux facteurs influencent l'efficacité de la nutrition ou de la pulvérisation foliaire, gardez donc à l'esprit les éléments suivants pour de meilleurs résultats :

N’oubliez pas les tensioactifs

Les surfactants (ou « agents mouillants ») facilitent la répartition uniforme du liquide sur le feuillage et sa rétention sur les feuilles, ce qui évite de gaspiller votre produit : mélangez systématiquement un surfactant à votre solution (le savon insecticide est notre choix préféré pour le cannabis). (N’utilisez JAMAIS de liquide vaisselle ou de lessive : cela nuirait à votre plante.)

 

Mais qu’est-ce que le savon insecticide ? Le savon insecticide, acheté ou fait maison, permet d’ajouter à vos pulvérisations foliaires un effet préventif ou curatif contre les insectes. Il lutte efficacement contre de nombreux parasites du cannabis tels que les araignées rouges, cochenilles, pucerons et aleurodes. Le savon agit en pénétrant leur exosquelette, déshydratant les cellules jusqu’à leur mort. Vous pouvez en acheter (bio et économique) ou le faire vous-même : prenez un savon pur à base d’acides gras (non parfumé, comme le Castille, ex. Dr. Bronners), mélangez 3 cuillères à soupe avec 4 L d’eau distillée ou osmosée + 1 c. à soupe d’huile végétale. Secouez bien, et voilà votre propre savon insecticide maison !

Trouvez le meilleur moment de la journée

Évitez de pulvériser lorsqu’il fait trop chaud ou trop froid ; comme vu plus haut, il ne faut pas pulvériser quand les plantes reçoivent le soleil direct mais il faut aussi être attentif à la température : n’effectuez jamais de nutrition foliaire si la température dépasse 26 °C

Quand il fait très chaud, les pores foliaires se referment, ce qui rend la pulvérisation inefficace. Quand il fait trop froid, l’humidité favorise la moisissure. Il est recommandé d’opérer 2h avant l’allumage ou l’extinction des lampes ; pensez aussi à éteindre les ventilateurs 1 à 2h pour une meilleure assimilation de la solution par la plante.

En extérieur, n’appliquez pas si de la pluie ou du vent fort sont prévus, car cela laverait la solution hors du feuillage. Attendez un temps calme pour éviter toute perte importante.

 

Guide de nutrition foliaire : astuces pour l'efficacité

Meilleurs conseils pour améliorer l'efficacité de la nutrition foliaire.
 

Utilisez la bonne taille de gouttelettes

Employez une buse de pulvérisation qui produit des gouttelettes de taille moyenne, pour couvrir une plus grande zone et augmenter l'efficacité. Idéalement, les gouttes ne doivent pas être inférieures à 100 microns ni supérieures à 175 microns. Un bon pulvérisateur de jardin permet justement ce réglage, et pour une vingtaine d’euros vous trouverez des modèles réglables et très pratiques (avec lance).

Le volume de pulvérisation est important

Le volume de pulvérisation influe sur l’absorption : il faut couvrir tout le feuillage (recto/verso), mais sans excès, la solution nutritive ne doit pas goutter des feuilles.

Respectez toujours les consignes du fabricant

Certains produits commerciaux sont plus sûrs que d’autres : suivez toujours les recommandations pour ne pas abîmer vos plantes. Utilisez également des gants, un masque ou des lunettes si nécessaire, et assurez-vous que le produit est adapté à votre culture (certains traitements pour plantes ornementales ne sont pas comestibles !).

Ajustez le pH de la solution foliaire

Les nutriments de la solution foliaire doivent être sous forme soluble et le pH influe sur la solubilité et l’interaction avec les autres composants de l’eau – il est donc crucial d’ajuster le pH. Le cannabis préfère des gammes de pH différentes selon le mode de culture : en terre ou mix terreux, pH 6.0–7.0 : pour la coco, entre 5.5 et 6.5 ; en hydroponie pure, de 5.8 à 6.2. Ces valeurs varient aussi selon le stade de croissance, reportez-vous donc à notre guide détaillé ci-dessous.

8. Arrosage conventionnel expliqué

Voilà, tout ce qu'il faut savoir sur la nutrition foliaire (et l’utilisation foliaire des produits phytosanitaires, en prévention et traitement). Mais qu’en est-il de l’arrosage classique ? Faut-il toujours faire une nutrition foliaire, ou combiner les deux ? Ou même supprimer la nutrition foliaire au profit de l’arrosage conventionnel ?

Nutrition foliaire vs arrosage classique

On ne doit pas choisir un style d’alimentation « dogmatique ». Chaque cultivateur doit analyser ses besoins et ses plantes pour choisir ce qui leur convient le mieux.

Cela dit, face à l’arrosage classique ou la nutrition foliaire, il y a vraiment des arguments en faveur de la combinaison des deux pour le cannabis. Chacune présente de vrais avantages et inconvénients : voyons ensemble ce qu’il faut prendre en compte pour décider.

Arrosage classique : les avantages

D’abord, la base : quelle que soit votre routine de nutrition foliaire, vous devrez absolument irriguer la zone racinaire. L’apport en eau (et donc en nutriments) par les racines, reste vital pour la plante. C’est là tout l’intérêt de l’arrosage classique : il est simple, économique, le moins chronophage des deux. Installer un système d’arrosage automatique pour la zone racinaire coûte très peu.

C’est la méthode la plus usuelle, logique : il suffit d’eau et d’un arrosoir (ou d’un récipient adapté). Elle permet d’arroser rapidement, sans la minutie nécessaire à la nutrition foliaire. L’arrosage classique est aussi plus simple à contrôler et à surveiller. Vous pouvez suivre précisément la quantité d’eau absorbée par vos plantes et, si la terre est trop sèche, il suffit d’en rajouter. C’est rassurant pour les débutants : on surveille facilement l’humidité du sol, sans technique sophistiquée. Pour ceux qui cultivent en hydroponie, le fait d'appliquer les nutriments directement aux racines via une solution est un plus qu’on ne retrouve pas via la nutrition foliaire.

Arrosage classique : les inconvénients

Malheureusement, l’arrosage classique n’est pas tout rose. Il est indispensable pour la santé et la croissance, mais a ses inconvénients majoritairement pour les débutants : il peut être difficile de doser correctement eau et nutriments ; les plantes ne signent leur détresse que lorsqu’il est déjà trop tard.

 

Guide de nutrition foliaire : arrosage classique

Inconvénients de l'arrosage classique.
 

L’autre limite de l’arrosage classiquantionnelle, c’est son efficacité sur l’absorption des nutriments : trop arroser peut lessiver le sol de ses élé ments essentiels, et un excès d’eau va asphyxier les racines. C’est encore plus vrai pour les techniques de culture sans terre, comme l’hydroponie, mais grâce à l’accès direct aux racines, la correction des erreurs est plus rapide. Enfin, pour viser le maximum de qualité, l’arrosage classique prend un peu plus de temps et d’efforts, du moins au début. D’où notre conseil pour les premiers essais : limitez-vous à 6 plantes au maximum par culture, et soyez le plus manuel possible.

La culture du cannabis reste une science d’équilibriste : même les plus aguerris devront apprendre et expérimenter pour maîtriser les besoins si spécifiques de cette plante, et ne pas hésiter à tester plusieurs approches pour trouver la vôtre.

Quelle solution ? Combinez les deux !

Pour garantir les meilleurs résultats possibles, avec des rendements énormes et une puissance maximale, le mieux reste de combiner alimentation foliaire ET arrosage classique. Vous offrez ainsi à vos plantes le meilleur des deux mondes : apports en nutriments constants par la zone racinaire ET répartis de manière homogène via les feuilles. Une stratégie efficace consiste à réserver la nutrition classique pour l’essentiel, puis d’ajouter quelques pulvérisations foliaires en complément. Exemple : nouvelle culture, croissance lente… Vous avez tout réglé (lumière, température, etc.) :

 

Guide de nutrition foliaire : combinez les deux

Les pulvérisations foliaires permettent de corriger très rapidement les carences.
 

Alors sortez le pulvérisateur ! Quelques bouffées de solution nutritive, et vous êtes prêt à stimuler un peu plus vos plantes : vous assurez une alimentation fraîche à toutes les feuilles, pour qu’elles restent au top. Pulvérisez aussi dès les premiers signes de carence : quelques jours de nutrition foliaire suffisent à corriger rapidement la situation, et elle devrait faire partie de votre routine de maintenance.

Un mode de culture favorise-t-il plus la nutrition foliaire qu’un autre ?

Non, pas vraiment. Mais si vous débutez, nous déconseillons fortement l’hydroponie pure : l’installation est compliquée et on y fait facilement des erreurs.

Si vous aimez le bio, n’hésitez pas à acheter un terreau spécial cannabis (ou faire votre propre super soil) ; pour un équilibre entre terre et hydro, testez la coco. Facile, tolérante, pas chère, la coco permet la double alimentation racinaire ET foliaire. Apportant un support structurant pour les racines, elle favorise également une distribution rapide et homogène de la solution nutritive, en plus d'assurer une excellente oxygénation et un meilleur drainage que la terre. Ainsi, vous pouvez autant nourrir les racines qu’apporter des suppléments par nutrition foliaire.

9. FAQ rapide sur la nutrition foliaire

Que signifie nourrir foliairement une culture de cannabis ?

En termes simples, cela signifie nourrir la plante à travers une solution à vaporiser directement sur les feuilles : les stomates (pores du feuillage) s’ouvrent pour permettre à la plante d’absorber directement les nutriments sans passer par les racines.

Quels sont les avantages de la nutrition foliaire comparée à l’arrosage racinaire ?

Il existe quelques avantages marqués à l’usage du foliaire par rapport à l’arrosage classique. Cela ne veut pas dire qu’il faut arrêter l’arrosage classique, mais certains cas se prêtent mieux au foliaire. Si une ou plusieurs plantes montrent des carences, la nutrition foliaire fait une très grande différence. Les blocages de nutriments (liés au pH, à l’accumulation de sels…) empêchent la plante d’absorber via les racines.

Avec la nutrition foliaire, on court-circuite la zone racinaire en apportant la nourriture directement sur la feuille, où elle est immédiatement absorbée. Cela peut se faire en parallèle d’un rinçage du substrat. Moins de déchets, moins de ruissellement, économie et geste vert ! L’absorption est plus rapide et la plante dépense moins d’énergie pour accéder au nutriment.

La nutrition foliaire peut-elle remplacer totalement l'arrosage racinaire ?

En théorie, rien ne vous l’interdit. Mais les cultivateurs pros ne le font jamais car cela demande bien plus de travail que l’arrosage classique. Son usage reste donc ponctuel et complémentaire de l’alimentation racinaire.

Quand faut-il faire de la nutrition foliaire ?

Il y a des moments où la nutrition foliaire est à proscrire : en extérieur, tôt le matin ou tard le soir. En intérieur, 30 min après l’extinction, ou 1 à 2h avant l’allumage sont idéaux. Il faut que la plante ait tout absorbé avant que la lumière ne revienne. Pulvériser en pleine lumière ou au chaud augmente fortement le risque de brûlures, de stress, voire de perte de rendement ou puissance.

Quelle est la bonne méthode pour la nutrition foliaire ?

Trois règles d’or :

  • Couvrez toute la plante sans excès (évitez le ruissellement).
  • Utilisez la brume la plus fine possible (achetez un bon pulvérisateur).
  • Si possible, sortez les plantes de la box ou du grow-room pour pulvériser.

Quels sont les « à ne pas faire » lors de la nutrition foliaire ?

Nous avons déjà abordé certains points, comme pulvériser sous les lampes ou avec un pulvérisateur bas de gamme. Voici d’autres points importants :

  • Ne pulvérisez plus durant les 3 dernières semaines de la floraison (cela gêne le rinçage et altère le goût final). Si vous le faites en floraison, ne touchez jamais les têtes !
  • Attention à la concentration de votre solution : les fabricants des engrais souhaitent en vendre, donc ils recommandent des dosages parfois exagérés. Pour des plantes jeunes, commencez à 25 % de la dose, passez à 50 % seulement en croissance vigoureuse.
  • La nutrition foliaire augmente nettement l’humidité de l’espace de culture. Munissez-vous d’un hygromètre et surveillez bien, une humidité élevée cause toutes sortes de soucis. Si possible, sortez les plantes pour le spray.

10. Conclusion

La pulvérisation foliaire de vos plants de cannabis est une bonne méthode pour lutter contre la moisissure, les insectes et les pathogènes, mais aussi un moyen rapide de corriger les carences légères. Rappelez-vous cependant : le meilleur moyen de nourrir vos plantes reste l’arrosage du sol, la nutrition foliaire doit toujours rester un complément ou un apport « coup de boost » pour produire des têtes denses et ultra résineuses. Si vous avez des recettes maison efficaces, partagez-les en commentaire pour aider la communauté !



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