Dans notre salle de test : que se passe-t-il après des mois de sélection ?
La sélection ne s’arrête pas lorsqu’une nouvelle génération de graines est produite.
À bien des égards, c’est à ce moment-là que commence l’une des étapes les plus importantes : tester les résultats.
Le timelapse ci-dessous a été enregistré dans l’une de nos salles de test, où plusieurs de nos récents projets de sélection d’autofloraison sont cultivés côte à côte.
Ce que vous voyez semble être un simple cycle de culture condensé en quelques secondes. En réalité, cela représente environ trois mois et demi à quatre mois d’observation continue, de documentation et d’évaluation, à la suite de mois, voire d’années, de travaux de sélection en amont.
De la sélection aux tests
Chaque projet de sélection débute avec une orientation. Nous pouvons travailler à améliorer l’uniformité, la vitesse de floraison, la structure, la vigueur, la couleur, l’expression des terpènes ou une autre caractéristique d’une lignée existante. Dans d’autres cas, nous développons quelque chose de totalement nouveau.
Ces choix peuvent nécessiter plusieurs générations avant d’aboutir.
Mais il arrive un moment où il faut arrêter de se concentrer sur ce qu’on attend des génétiques et cultiver une population pour voir ce qu’elles font réellement.
C’est tout l’intérêt de ces salles de test.
Différentes populations sont cultivées et observées durant tout leur cycle de vie afin de comparer les résultats avec les objectifs fixés lors de la sélection.
Et surtout, les tests ne commencent pas à la récolte.
Trois à quatre mois de données
Dès que les plantes commencent à se développer, nous collectons déjà des informations. Tout au long du cycle, notre équipe de sélection note le comportement de chaque population.
Nous observons quelles plantes se développent plus vite, lesquelles sont plus lentes. Nous suivons les différences de vigueur, de structure et de vitesse de floraison. Nous regardons comment la population progresse de façon uniforme et comment chaque plante réagit lorsque les conditions ne sont pas absolument parfaites.
Les changements d’arrosage, de conditions environnementales, d’intensité lumineuse ou d’autres formes de stress peuvent révéler des différences qui ne seraient pas visibles dans des conditions parfaitement contrôlées.
Et ces informations sont précieuses.
Une plante qui semble belle en fin de floraison n’est qu’une toute petite partie du tableau.
Nous voulons comprendre comment elle en est arrivée là.
À quelle vitesse a-t-elle poussé ? Comment sa structure a-t-elle évolué au fil du cycle ? La floraison de la population a-t-elle été homogène ? Certains individus ont-ils réagi différemment aux changements d’environnement ? Certaines caractéristiques sont-elles récurrentes dans la population, ou présentes uniquement chez des plantes isolées ?
Toutes ces observations font partie de l’évaluation finale.
Observer la population avant tout
L’une des choses les plus importantes pour nous est de ne pas juger une génétique sur une plante exceptionnelle.
Une plante magnifique peut faire une superbe photo, mais cela n’en dit pas beaucoup sur la régularité d’une lignée de graines.
C’est pourquoi nous observons d’abord la population dans son ensemble.
Nous comparons ce que nous voyons avec les objectifs du projet de sélection concerné : régularité globale, développement, comportement de floraison, structure, vigueur et les critères sélectionnés lors des générations précédentes.
Cela nous offre une idée bien plus précise de ce que produisent réellement les génétiques.
Ce n’est qu’ensuite que nous nous attardons sur les plantes à titre individuel.
Puis, plante par plante
La récolte ne termine pas non plus le test. Une fois les plantes prêtes, chacune d’elles peut être récoltée, documentée et évaluée séparément.
À ce stade, nous pouvons intégrer des caractéristiques qui n’ont pas pu être pleinement évaluées plus tôt dans le cycle.
Les plantes peuvent être comparées individuellement, tandis que les informations recueillies au cours des mois précédents restent liées au résultat final.
Cette combinaison est essentielle.
Au lieu de regarder uniquement la fleur finie, nous pouvons comparer l’expression finale avec tout ce que nous savons déjà sur le développement précis de cette plante.
Le résultat est une vision beaucoup plus complète à la fois de l’individu et de la population dont il est issu.
Parfois la réponse c’est : pas encore
Les tests ne sont pas là pour confirmer que tout ce que nous avons sélectionné est satisfaisant, ils sont là pour révéler ce qu’il s’est vraiment passé.
Parfois, une population confirme exactement ce que nous espérions atteindre.
Parfois nous observons une nette amélioration, mais aussi quelque chose qui nécessite une nouvelle génération de travail.
Et il arrive que les résultats fassent prendre au projet une direction totalement inattendue.
Et cela a aussi de la valeur.
Les informations obtenues lors de ces tests alimentent directement nos décisions de sélection : ce que nous conservons, ce que nous modifions, ce qui demande un travail de sélection supplémentaire et ce qui n’est pas encore prêt à avancer.
C’est pourquoi ces salles sont une étape essentielle du processus de sélection.
Quatre mois en quelques secondes
Le timelapse rend le processus incroyablement rapide.
Les plantes apparaissent, la canopée occupe toute la pièce, la floraison progresse et soudain tout est prêt pour la récolte.
En réalité, derrière ces quelques secondes, se cachent des mois de mesures, d’observations et de décisions, et bien souvent des années de travail de sélection avant même l’entrée des plantes dans cette salle.
Nous pensions que cela méritait d’être montré.
Pas seulement la plante sélectionnée à la fin, ni uniquement la photo qui finira sur la page d’une variété. Mais bien toute la population qui la précède.
Car avant de décrire une génétique, de la lancer ou de déclarer la fin d’un projet, nous voulons observer ce que ces génétiques produisent réellement.
Sélectionner. Cultiver. Documenter. Tester. Évaluer. Recommencer.
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